1 mai 2017

JaneHudis est passionnée par son travail, c'est le moins qu'on puisse dire. À titre de présidente d'Estée Lauder Companies, elle supervise un certain nombre des marques les plus captivantes de l'industrie, y compris la sienne. Mais sa passion vient du véritable amour qu'elle éprouve pour ce qu'elle fait, et pour les gens autour d'elle. Elle a récemment été nommée vedette de l'actualité de l'année par WWD, et a travaillé de près avec des gens comme Kendall Jenner pour Estée Lauder et Victoria Beckham à sa gamme de cosmétiques éponyme. Lorsqu'elle ne voyage pas inlassablement partout dans le monde (la meilleure façon de rester familière avec les 150 pays dans lesquels ses six marques ont une importante présence), elle donne des conférences devant des créateurs de plus jeune génération, « les seuls gens ayant une idée de ce qui se passe ».

Ayant commencé sa carrière chez Prescriptives à titre de directrice du marketing dès la fin de ses études supérieures, elle a eu Leonard Lauder (le fils d'Estée!) comme mentor personnel. Elle a joué depuis un rôle important dans la croissance de l'entreprise, ayant aidé la marque à passer d'une entreprise de produits à une entreprise médiatique. Elle présente ici avec exactitude ce qui la motive et comment elle garde son inspiration.

Pourquoi elle commence à travailler à 7 h AM :

« Je suis du genre matinal! Mon cerveau est actif, et je m'affaire avec énergie! Je retrouve également la tranquillité et l'isolement qu'il faut pour travailler et se concentrer. Je passe mes journées entourée de gens, dans des réunions, et c'est donc là que j'abats du travail. J'aime mes matins!

« Il faut respecter son histoire! La vie ne tient pas qu'à une publication sur Instagram : c'est une question de compréhension. Les grandes marques ont résisté à l'épreuve du temps. Il faut comprendre pourquoi, comprendre ce qui compte et quelles sont les valeurs et respecter tout cela. »

Il est très important d'être bonne envers les autres femmes, de les aider à s'améliorer et de leur servir de mentor afin de leur ouvrir la voie de l'avenir.

Sur ses débuts au sein de l'entreprise, et sur ce qui a été apporté dans la famille :

« Mon premier emploi était celui de directrice du marketing chez Prescriptives. C'est une histoire assez dingue. Pour faire court, disons que j'ai fait des études de premier cycle à Vassar, avec l'histoire de l'art comme matière principale. J'étais très inspirée par tout ce qui était visuel, et ça a été un excellent véhicule pour en apprendre plus sur l'histoire, la culture et le langage. J'ai ensuite travaillé dans les relations publiques durant trois ans. J'ai fait des études supérieures à Columbia, où j'ai obtenu un MBA. Mon projet final a été dans le domaine des cosmétiques. J'ai de cette manière rencontré la personne responsable de la publicité chez Estée Lauder. Nous avions quatre marques à l'époque : Estée Lauder, Clinique, Aramis et Prescriptives. Quand je me suis jointe à l'entreprise, ça a été à titre de directrice du marketing pour Prescriptives. Je faisais au début beaucoup de travail d'organisation, et assurais l'expédition de nos produits. J'ai occupé presque tous les postes chez Prescriptives. J'ai été chef de la commercialisation. C'était à l'époque où nous étions une petite entreprise privée.

« Très tôt j'ai eu Leonard Lauder comme mentor. Je connaissais Estée, et Leonard est devenu mon mentor. Mon bureau était à côté de celui de William Lauder. J'étais la seconde patronne de Jane [Lauder]. J'ai travaillé durant des années de très près avec Evelyn [Lauder], pour les parfums. Evelyn m'a présentée à mon mari - quand on travaille chez Estée Lauder, la famille Lauder fait tout pour qu'on soit vite bien marié. »

Sur l'importance de conserver la culture de l'entreprise :

« Nous sommes une entreprise qui redonne. Nous sommes une entreprise qui prend les choses à cœur. Aussi grande que l'entreprise soit aujourd'hui, un fort lien familial persiste. D'abord, plusieurs générations de Lauder sont impliquées, et la mission de la famille est depuis longtemps de préserver la culture, l'attention et les valeurs. C'est extraordinaire. La vie a beaucoup plus de sens que lorsqu'on occupe tout simplement un emploi. J'ai de la chance, car j'ai découvert ma passion, qui tenait à ce que je faisais au sein de l'entreprise. »

Comment innover tout en restant fidèle à l'identité de la marque :

« Quand j'ai pris la marque Lauder en charge - et je suis là depuis assez longtemps pour savoir que les gens ont adopté différentes approches au fil du temps -, l'idée à laquelle j'étais dévouée consistait à miser sur notre héritage en vue de créer un avenir moderne. Cette marque s'est construite au fil de plusieurs décennies, et j'ai compris tôt ce qu'elle avait de riche et d'important. La modernisation de la marque a été une évolution reposant sur sa grandeur et sa fondatrice. Nous accordons de l'importance à autrui et nous avons la passion de la qualité, ce pour quoi la marque est connue dans le monde entier. Il y a ce qu'on appelle des valeurs absolues, comme Advanced Night Repair, des produits qui sont devenus incontournables et prisés dans le monde entier.  Un produit comme Double Wear, aimé par une femme de vingt-cinq ans et par une femme de soixante-quinze ans.  Cela impose le respect, et on se demande : « Comment puis-je nourrir la grandeur de cette marque et évoluer avec le temps? » Je suis incroyablement fière d'être très sensible à cette démarcation, et je ne suis pas certaine que ce soit quelque chose qui s'enseigne.

Si on aime ce que l'on fait et que l'on fait ce que l'on aime, la vie est merveilleuse.

Ce qui l'inspire :

« Les grands créateurs changent ma vision des choses et les grands entrepreneurs aussi. J'admire les grands architectes du monde. Je trouve ça super quand on bâtit les choses pour qu'elles résistent à l'épreuve du temps.

« Je suis très inspirée par les entrepreneurs, et il ne pourrait en être autrement, moi qui ait étudié Estée Lauder durant longtemps et qui essayais de la rendre fière tous les jours. Je suis inspirée par Aerin Lauder - c'est une grande entrepreneure, qui suit les traces de sa grand-mère.  Katia Beauchamp, qui a lancé Birchbox. Ce sont là de grandes bâtisseuses. Emily Weiss, qui a créé Into The Gloss. J'admire Michelle Obama, je trouve qu'elle est une formidable première dame. Mais vous savez quoi? J'admire Victoria Beckham, avec qui je travaille de près. C'était une vedette pop devenue créatrice de mode, mère de quatre enfants et mariée à cet homme branché. Sans compter que j'adore ses vêtements! Elle est incroyable! Quand on la rencontre et qu'on apprend à la connaître, on découvre une femme intelligente pour qui les gens comptent. »

Pourquoi il est essentiel que les femmes se soutiennent les unes les autres :

« [Je trouve] très intéressantes les femmes pour qui les autres femmes comptent vraiment! Michelle [Obama] accorde de l'importance aux femmes. Victoria [Beckham] accorde de l'importance aux femmes. Elles se mettent vraiment dans un état d'esprit féminin et essaient de comprendre le monde et de le rendre meilleur. Je trouve ça inspirant. J'admire Kendall [Jenner]. Je la connais très bien, elle est en train de faire son propre chemin. Elle est indépendante d'esprit et sait ce qui se passe de bien des manières. J'adore partager ma vie avec elles. C'est fantastique. Il est très important d'être bonne envers les autres femmes, de les aider à s'améliorer et de leur servir de mentor afin leur ouvrir la voie de l'avenir.

Le meilleur conseil qu'elle a jamais reçu :

« Le meilleur conseil professionnel que j'ai reçu venait de Leonard Lauder, qui m'a dit : 'Embauche toujours des gens plus intelligents que toi.' Tout est dit. De tels gens améliorent les choses et j'aime ça. Ça a toujours été vrai. Il m'a dit ça quand je devais avoir vingt-six ans, et je ne comprenais pas ce que ça voulait dire. J'ai appris aujourd'hui à apprécier le conseil, le meilleur qu'on m'a jamais donné.

« Le conseil que je donne, c'est de découvrir sa passion! Peu importe ce que c'est. Si on aime ce que l'on fait et que l'on fait ce que l'on aime, la vie est merveilleuse. Quand on passe tellement de temps à travailler, il faut changer de travail si on n'aime pas ce qu'on fait! L'idée d'expérimenter tôt et d'avoir le courage de changer de voie, de prendre des risques et d'essayer de nouvelles choses est importante. Je pense aussi qu’il est important que les gens sortent de leur zone de confort. Vous ne connaissez pas vraiment votre plein potentiel jusqu’à ce que vous affrontez quelque chose et que vous tentez quelque chose de grand et de différent. Il est important de se sentir inconfortable en essayant de nouvelles choses si on veut se surpasser. Les gens me demandent conseil en me disant qu'ils ne savent pas à quoi il sont bons. Il n'y a qu'une seule façon de le découvrir : par l'essai. On n'a qu'une seule chance, on ferait mieux d'en profiter. »

Histoire et images utilisées avec l'autorisation de Coveteur.

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